Lundi 4 octobre 2010 1 04 /10 /Oct /2010 11:10

 

 

TCL-nuit-3.jpg

 

Ne me quitte pas, tout peut s’oublier, oublier le temps, et les passagers, oublier ces heures, les mamans, leurs poussettes, en particulier

 

On dira qu’il s’agit d’un bus, d’un de ces gros trolleybus confortables et silencieux qui escaladent en souplesse, assez souvent chargés à bloc les pentes de la Croix Rousse.

 

Nous sommes à Lyon un soir d’automne. Particularité de ce réseau qui est partagée avec Paris pour des raisons, peut être de lutte contre la fraude, la montée dans les véhicules non articulés ne se fait que par l’avant. Il fait déjà nuit, les passagers sont encore  nombreux et l’espace de montée à l’avant déborde. L’arrêt se prolonge, il faut bien que tout le monde se case. Le conducteur semble occupé.

 

Une mère avec sa poussette se présente devant la porte centrale dans l’espoir de monter au milieu comme cela est la coutume puisqu’il ne  lui  est  pas  possible de se fauf iler, elle et sa poussette dans la foule dense qui occupe le mince espace du trottoir vers l’avant. Quelques voyageurs sont descendus, la large po rte centrale s’est refermée.


 

 

 

TCL-nuit-4.jpg

Notre mère à poussette est toujours sur le trottoir, elle appuie sur le mignon petit bouton lumineux d’ouverture de la porte. Rien. Ce bouton « handicapés » envoie il un apel au conducteur qui commande l’ouverture de la porte ou agit il directement ?. Normalement, au signal et quand il s’agit d’un fauteuil roulant, le conducteur déclenche la sortie de la palette coulissante.

 


 

Cette palette qui sort du plancher et facilite la montée ; la maman n’en n’a pas besoin, elle ne demande que l’ouverture de la porte. Elle gare la poussette et appuie de nouveau, tape, puis tambourine des deux mains sur la porte, sans résultat. Cela dure quelques secondes, jusqu’à ce qu’elle capte l’attention d’un voyageur et lui demande par gestes d’activer de l’intérieur l’ouverture de la porte. Ouf, elle monte.

 

Le conducteur n’a pas réagi, peut être ne pouvait il pas fermer la porte  avant d’ouvrir la porte centrale comme le veut la procédure pour l’accueil d’un fauteuil roulant, peut être, et c’est beaucoup plus vraisemblable, avait il la tête ailleurs. A l’avant à ses côtés pour cause de foule, je remarque en effet qu’il ne conduit que de la main droite, s’aidant quand il faut tourner, d’une main gauche qui lui sert en fait à téléphoner, à caler un téléphone portable contre son épaule.

 

Tendons l’oreille, ce qui ne demande guère d’effort puisque la conversation téléphonique est fort animée. Diable, il s’agirait pour notre conducteur de rappeler à une -semble t’il- demoiselle des promesses passées, de lui reprocher urbi et orbi un comportement, inhumain à son égard, de lui rafraîchir la mémoire sur des circonstances précises où elle aurait, -qui sait-, tenu des propos différents. Le ton monte. Force nous est de constater, nous autres les voyageurs groupés sur la plate-forme avant,.que les affaires ne notre homme sont dans une mauvaise passe ;  nous échangeons ainsi des regards compatissants, puis amusés tandis que le bus continue sa route cahin caha.

 

Le premier virage serré, en bas de la rue Terme, a nécessité l’action de la main gauche, mais ce sera la seule fois. La suite du parcours est agitée, la conversation toujours animée, et l’on franchit fort rudement un « coussin » qui protège un lycée sur lequel il convient d’arriver au pas. Notre bus va-t-il rater le prochain arrêt facultatif ? finalement non, la conversation continue de plus belle. Descendons vite.

 

On dit que les affaires de cœur relèvent d’une partie ancienne placée à l’arrière de notre cerveau tandis que nos apprentissages se localisent vers l’avant. Ceci explique peut être pourquoi il est ainsi possible de transporter une centaine de personnes dans un environnement difficile, de nuit, dans une circulation encore dense, tout en poursuivant une conversation intime, pasionnée, avec, j’en suis témoin, quelques instants qui auraient été tragiques si l’auditoire guoguenard ne les avait pas trouvés ridicules..

 

Quelles conclusions pour la relation client transport ?

 

1°/ Encourager les « retours d’expérience » par les enquêtes auprès des voyageurs, le recueil des opinions des personnels, sur les expériences commerciales louables, mais parfois grotesques, comme la lutte contre la fraude.

 

2°/ Veiller à la formation et à l’éthique professionnelle des personnels. Dans notre cas, outre le fait que les conducteurs receveurs ne font que très rarement le contrôle des titres de transport des voyageurs que l’on oblige à monter à l’avant, l’usage du téléphone portable pour des conversations privées devrait être interdit. De même le non espect d’une demande de voyageurs pour un service d’accès. Les clients qui observent ces comportements ont du mal à prendre au sérieux l’entreprise délégataire et, partant, la collectivité qui la finance.

 

3°/ Veiller à la présence des personnels de contrôle, d’assistance aux voyageurs en dehors des jours ouvrables et des heures de bureau, en dehors des zones centrales.


Photos M. Gallet

Par Michel Gallet - Publié dans : Routier
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 26 septembre 2010 7 26 /09 /Sep /2010 19:54

Termina2D.jpg

 

L’aéroport Charles de Gaulle a certainement derrière lui ses beaux jours de cathédrales, il donnerait maintenant plutôt dans le Feng Shui et la recherche de nouveaux revenus.

 

Fini l’inextricable et riquiqui terminal 1, finis les malfichus et prétentieux  terminaux 2 A à E. Place aux terminaux hangars, qui comme le 2G sont aménagés dans une « ambiance zen spécialement conçue par un conseiller FenShui ». Cette ambiances sera n’en doutons pas, absolument nécessaire pour compenser le stress engendré par la demie heure d’inconfortable navette en bus infligée aux clients après une heure passée dans le RER, quand tout va bien.


Finie la marge du milliard de chiffre d’affaire  d’Aéroports de Paris qui provenait pour l’essentiel des opérations aériennes, des passagers plus que des mouvements d’appareils, « chargeant » ainsi charters et low costs. Place est faite maintenant aux revenus des commerces et des services. Place à la satisfaction du client, par la mise en place d’une direction ad hoc , à la création d’ « un environnement favorable qui incite les voyageurs à utiliser les services marchands ».à une charte « Destination clients » et aux « service level agreements » avec les compagnies aériennes.

 

Louables intitiatives, mais que de chemin encore à faire pour arriver au plus minime des standards de qualité de service des grands hubs du reste du monde !

 

On dira qu’il s’agit d’embarquer –pas un matin à la pointe mais un peu plus tard, en fin de matinée-  à la deuxiième plage de rendez vous où il y a moins de monde. On dira que la salle d’embarquement est située en bout du terminal D. Une de ces salles dans les 54 où une porte est divisée en trois avec une passerelle et deux accès bus. La salle d’embarquement est surpeuplée, -trois appareils partent à peu près au même moment-, certains voyageurs assis par terre partagent un petit espace avec des journaux froissés et des emballages vides.

 

Mais c’est le départ, on passe le contrôle et nous voici dans un couloir vitré qui conduit à trois voies séparées par des cloisons en verre. Deux de ces voies sont signalées par des écrans d’affichage, pas un de ces écrans plats que l’on voit dans le plus retardé des aérogares, non,  de vrais vieux écrans bombés,  pâlots dans les roses, flous et tremblants dans les affichages, marqués dans leurs cathodes par 21 années de messages récurrents.


A la troisième voie, la mienne, l’écran est noir, muet, sans indication. C’est grâce à l’aide d’un autre voyageur lui-même guidé à la voix par l’agent de la compagnie qu’on s’engouffre dans la bonne section de la passerelle. Bus attente, routine. L’embarquement est maintenant terminé.

 

Un écran à 200 litres ?


L’appareil s’ébranle, à peu près à l’heure, on est sur la bretelle d’accès à la piste. L’appareil s’arrête sur un coup de frein brutal.

 

Que se passe t’il ?: quelques minutes, le commandant expose qu’un voyageur manque, qu’il faut vérifier les bagages, qu’il faut attendre un tracteur pour repartir en marche arrière et que c’est bien regrettable. Une demie heure est passée, nous voici au bout du  terminal F, pourquoi pas ?.

 

Nouvelle annonce ducommandant qui est soulagé. On récupère le voyageurs manquant qui s’était trompé d’avion. On repart, pour de bon, et le retard est maintenant d’une heure. 

 

Imaginons que stressé par une attente inconfortable dans un espace minuscule au milieu de 300 de ses semblables, un peu en tetard, notre voyageur ait été trompé par l’affichage en panne, le dernier avant l’avion et qu’il soit parti précipitament dans le mauvais couloir. Imaginons qu'il ait pris la passerelle, que le bus n'ait porté aucune indication de destination  –c’était mon cas- et l’on tient un de ces enchaînements de probabilités qui plombent les industries du transport..

 

Laisser aller, manque de contrôle, investissements reportés, mauvaises priorités et voici comment un écran hors d’âge en panne peut coûter à la compagnie aérienne 200 litre de kérosène brûlé pour rien, la « butée » des heures de l’équipage, le retard de tous les voyageurs, et la rage bruyante de quelques uns en correspondance ratée après un autre retard sur un lointain long courrier.

 

Quelle concusions pour la relation client transport ?


1°/ Que les gestionnaires des voyageurs « au sol », qui ne sont pas les opérateurs, ont une responsabilité écrasante dans la satisfaction du voyageur, alors que ce n’est souvent que l’opérateur que l’on voit,

 

2°/ Que la qualité contrôlée, le niveau de service garanti et autre expressions de circonstance ne peuvent être en réalité que le fruit de longues années de bon management, de conscience professionnelle à tous les niveaux, d’une culture d’entreprise réellement assimilée par les salariés. De longues, longues années…

 

Photo M. Gallet

Par Michel Gallet - Publié dans : Les dégats d'une erreur
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Samedi 4 septembre 2010 6 04 /09 /Sep /2010 09:35

 

 

 

 

 

 

 

 

 

cohnbendit_gilles_caron.jpg

 

 

 

 

 

Le regard comme élément clé de la relation client transport ? regardons un peu. D a ns les avions, les tr ains, les cars, les clients sont assis, assis sur les sièges qui leur on été attribués, souvent attachés par leur ceinture. Tellement attachés qu’il leur est recommandé de ne pas se détacher « au cas où nous rencontrerions des turbulences »….diable. Une exception : à l’inverse, da ns les autobus, les clients qui montent sont debout, le conducteur, lui, est assis. Da ns les avions, les trains, quelquefois dans les cars, les personnels de l’entreprise circulent. Debout. SIls sont le plus souvent les seules personnes en relation directe avec les cliensts. Ils veillent à la sécurité, renseignent et contrôlent. Pour veiller, renseigner contrôler, il regardent, ils vous regardent…

 

Regard vertical regard horizontal


On dira que c’est un c ontrôle dans un train. Le contrôleur est debout, le voyageur assis. Le regard vertical du contrôleur « tombe » sur le client. Cette attitude d’autorité est habituelle, elle peut paraître naturelle tant le client a pris l’habitude d’être totalement dépendant de l’entreprise qui le transporte, à laquelle il confie sa vie, à laquelle il est obligé de confier sa vie en s’enfermant dans un véhicule qui bouge, dont il ne peut sévader.

  

On dira que l’on est dans un avion, les passagers sont assis, attachés le plus souvent. On annonce des turbulences, quelques personnes, un peu sourdes, la tête ailleurs  se lèvent. Une voix tonne, une personnel de cabine se précipite. Les « clients » sont reconduits à leur place. Le regard vertical de l’autorité a balayé la cabine, les passagers sont restés assis, instruits par l’exemple.

 

On dira que le contrôleur du tr ain sort de son rôle, qu’il est aimable et prévenant, que le passager à qui il a à faire présente bien. Il s’est assis, en face du voyageur, sur un siège libre de l’autre côté du couloir, quelquefois sur un accoudoir proche. Le regard est devenu horizontal, la relation est sortie du rapport d’autorité pour devenir un rapport d’égalité. On dira que l’hôte steward, l’hôtesse qui fait son tour doit s’adresser à un passager assis. Il ou elle s’accroupit légèrement dans le couloir, une main sur son chariot, disponible, le regard horizontal. Tout est changé. Le passager attaché sur son siège n’est plus un pax, il est devenu un individu.

  

On dira que le conducteur du bus, tassé sur son siège, voit arriver dans l’espace de la porte avant, son espace, un grand escogriffe peu aimable, peut etre un peu énervé. Le regard vertical est cette fois dirigé vers lui qui devient ainsi brutalement soumis à une autorité extérieure. Dans les cas critiques racontés aux psychologues des entreprises de transport, on voit souvent le conducteur se lever pour rétablir le rapport humain, celui du regard horizontal. La séparation qui ferme sa cabine le protège…un peu.

 

Quels enseignements pour la relation client transport ?

 

1°/ Ne jamais oublier que, durant le transport, le client est dans une situation d’infériorité qui le conduit à une attitude instinctive de soumission.Ne jamais de placer dans le rôle de l'autorité incarnée. Les annonces présentant les « chefs de bord » et autres personnels par leurs prénoms, les « à votre service » vont dans ce sens.

 

2°/ N’avoir que le moins possible ce regard vertical qui accentue l’autorité, qui glace, qui infériorise, et passer au plus vite au regard horizontal  qui égalise, qui redonne au client sa personnalité, celle qu’il a quand il est libre de ses entrer et sortir

 

(photo Gilles Caron)

 

Par Michel Gallet - Publié dans : L'éthique et le client
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 20 août 2010 5 20 /08 /Août /2010 18:51

Chipmunk.jpg


Partis d’une comparaison un rien plan plan des prix des billets par compagnies, les sites de réservation de billets d’avion  et d' hotels ont bien pris leur envol. Ils ont ainsi évolué vers des comparaisons croisées des plus impressionnantes, et fournissent aux curieux d'interminables listes, quand bien souivent seules les premières comparaisons comptent.

 

Grâce au développement des compagnies low cost, les tableaux de présentation que l’on obtient sur les meilleurs comparateurs, comme kayak

sont impressionnants.

 

Nouveautés nouveautés, certes, mais pour l'offre des billets d'avion, on est encore dans une présentation figée, celle de pages où se suivent des cases, classées par prix, avec, au mieux, une mignonne petite succession des indications des jours des heures de départ, d'arrivée en couleurs, quelquefois.

 

Les raisons ? Adam Golstein, le créateur de Reddit et l’un des créateurs de Hipmunk les donne dans une interview à Elliott, l’ébouriffant site US devenu au fil des ans le chevalier blanc du voyage aérien.


1°/ les comparateurs de voyages ont préféré, au fil du temps, développer les réservations d’hôtels, plus rémunérateurs en publicité que les compagnies aériennes,


2°/ la complexité des tâches, des développements et les nouveautés du secteur ont vraisemblablement empêché les dévloppeurs de prendre le recul nécessaire pour innover.

 

Mais l'innovation est en marche, avec le site Hipmunk (de Chipmunk, on pourrait dire "Cureuil" ou "Amia") est basé sur une présentation des dates, prix et durées des vols en deux dimensions, comme dans un diagramme de Gantt diront les spécialistes.

 

C’est simple, facike à lre,cela saute au yeux, véritablement. Les voyages peuvent être évalués par chacun suivant ses propres critères en "douleurs atroces", ou "agony" par les levers tôt, les durées, le nombre de changements leurs prix...et les compagnies apparaissent avec leur couleur, quand il y en a une.

 

 

Le créateur s’attache maintenant à  intègrer dans les compraisons toutes les nouveautés commerciales des compagnies, ces suppléments qui constituent le gros de leurs marges comme nous le soulignons dans notre billet récent « frills off charge ».


Un test pas très concluant.


Il fallait voir. Nous avons donc fait trois comparaisons, pour un billet Paris Stuttgart le 18 septembre prochain,  à quelques minutes d’intervalle,. Le billet Air France est annoncé à 121 € sur le site de la compagnie, 334 € sur Kayak (mais Air Berlin y est en tête à 108 €), 220 € sur Hipmunk….

 

 AFvsChipmunk.jpg

 

Kayak.jpg


  Quel intérêt pour la relation client transport ?

  En premier lieu que les comparateurs ne sont pas aussi fiables qu'on l'imagine. Qui sait si les tarifs indiqués ne sont pas dépassés, majorés, mis en perspectives trompeuses ? Vérifier, confirmer, comparer entre sites, voilà ce qu'il faut faire.

 

Comment comparer -c'est la difficulté que compte résoudre Adam Goldstein- avec les suppléments divers qui ne sont pas inclus dans le prix du billet et qui comptent cependant dans les choix des internautes ?. Le nombre et le poids des bagages, par exemple, bientôt des prestations à bord...

 

On le voit, le marché des comparateurs va bien, les opérateurs ont commencé à rendre leur tarification complexe par le yield management, ils l'entourent maintenant d'un nuage de conditions et de prestations...qui feront du choix d'un passage une bien intéressante occupation, nous n'en doutons pas.

Par Michel Gallet - Publié dans : Aérien
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 4 août 2010 3 04 /08 /Août /2010 20:34

 

 

En ces temps où Françoise Sagan nous apporte la musique des futilités essentielles, un peu d’autopromotion en se souvenant du soleil des maîtres qui nous ont formé.

.

 

Thierry-Spencer.jpg

 

J’ai fait l’objet d’une interview de la part de Thierry Spencer. 


Thierry Spencer est un auteur et un créateur bien connu des professionnels de la relation client puisque, après avoir excellé pendant près de 20 ans dans le marketing  pointu. il vole de ses propres ailes depuis 2006  à la tête du blog « le sens  du client » et, plus récemment, comme vice président de TestinTrust,    un site comparateur de satisfaction sur le web  qu’il a contribué à créer, qui démarre bien.

 

J’ai d’ailleurs eu l’occasion d’en saluer la création de ce comparateur dans « la langue de bois part en copeaux » h sur ce même blog en février 2010. 

 

 

 

Mon parcours

Je suis ingénieur (INSA, TH Stuttgart) et sociologue, disciple et ancien assistant d’Abraham. Moles (200 000 fois cité sur Google !)   à l’université de Strasbourg,. J’ai depuis fondé et je gère Eres Transports Ingetrans, un cabinet de conseil en transport de voyageurs.


Nos clients sont des entreprises et des collectivités responsables de transports. Je suis également l’auteur du livre « améliorer la relation client en transport de voyageurs »    paru aux éditions Celse (Paris).

 

Pour une entreprise, qu’est-ce qu’ « avoir le sens du client » ?

 

Le client est une valeur pour l’entreprise, quelle qu’elle soit. Quand il s’agit de services où le contact humain est essentiel, il en est le cœur. Dans les transports il est son âme, que cela soit dans l’aérien, le ferroviaire, le routier. Scott Mc Cartney,  un spécialiste, dit que les relations d’un client à l’entreprise qui le transporte sont celles du patient avec le médecin ; il lui confie son sort. Au  transport qui met en œuvre une chaîne de services complexes et qui doit être sûr, efficace,  conforme, le sens du client apporte la chaleur et la sincérité d’un investissement personnel. Avoir le sens du client, c’est avoir compris le fait qu’en valorisant l’échange personnel, on s’enrichit soit même.

 

Où en est la relation client en France ? (

 

Deux choses m’ont frappé. Après les excès de l’automatisation de la relation client, on voit le retour au « langage naturel » et autres vecteurs de valeur humaine dans la mosaïque des relations avant, pendant et après le service.

 

Et puis le fait que commencent à sortir des tabous des concepts « new-age » comme l’écoute, l’amour du métier, le courage, la fierté de servir, d’être utile. Suivant les philosophes et sociologues, Pierre Naville   sociologue du travail,  Gilbert Simondon   http://fr.wikipedia.org/wiki/Gilbert_Simondon , philosophe de l’humain face à la machine, et Abraham Moles, on veut faire des techniques des vecteurs d’humanisme.

 

On perçoit l’émergence d’attitudes respectueuses de l’individu, qu’il s’agisse du personnel ou du client. Sur ce point nous avons créé le concept « Proud of »  de fierté d’entreprise, que l’on applique en interne comme en externe.

 

Des exemples de relation client remarquable ?

 

Dans l’aérien


Une longue attente aux guichets banalisés de Roissy. Il y a eu la veille pas mal d’annulations et de reports de vols.  Un couple avec enfant billets en main pour Miami.  L’agent de guichet « nous ne sommes pas sûrs de pouvoir vous enregistrer ». Colère et stupéfaction… « mais nous avons pris nos billets il y a un mois ».

 

Une hôtesse s’approche, impeccable, chaleureuse. Monsieur, nous devons embarquer des passagers débarqués hier. L’homme : mais c’est du surbooking ! C’est exact monsieur, nous sommes obligés de  vendre toujours plus de billets qu’il y a de places dans les avions  parce qu’en moyenne une vingtaine de passagers ne se présentent pas à chaque vol. C’est une arnaque !

 

L’hôtesse garde son calme et son sourire « Non monsieur, cela nous permet d’avoir moins de sièges vides, donc de diminuer les prix. Estimez-vous avoir payé cher ? Non non, mon agence m’a dit que c’était vraiment un bon prix ! ….Vous voyez.


Nouveau sourire, détendu :« Je vous fais partir demain et je m’occupe de vos correspondances, Voici vos bons d’hôtel et de repas. En plus je vais tout faire pour vous surclasser. Alors ?...

alors merci !

 

Dans le routier

 

Un petit bus, un « community bus » à la gare routière d’une grande ville de l’Ouest du Canada. Le conducteur n’a pas de monnaie, le voyageur non plus. Pas de distributeur à proximité, le bus doit respecter l’horaire et le voyageur est fatigué. Un grand sourire, allez montez!,. Le conducteur émet alors un billet tout à fait règlementaire.


Regardons-le de plus près. Il y figure la mention  « 0.00 $  Courtesy ». Il y a donc, sur ce réseau de transport, un vrai sens du client. La latitude donnée aux conducteurs, non pas de faire passer gratuitement amis et connaissances, mais d’offrir un billet au nom de la compagnie.

 

 Ce sont là bien les deux aspects fondamentaux du sens du client, l’entreprise doit être respectueuse et valoriser  tout autant ses personnels que ses clients. En faisant l’un, elle facilite l’autre. Dans ce cas, l’on a compris qu’un petit geste commercial envers un client est un grand geste de confiance et de respect envers le personnel qui en a le libre choix.

 

(photo Thierry Spencer)

Par Michel Gallet - Publié dans : Améliorer la relation client, le livre
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

L'auteur

  • Michel Gallet
  • Le blog de la relation client transport
  • Consultant en transports collectifs de personnes dans un cabinet de conseil spécialisé en services publics de transport aériens routiers, ferroviaires et maritimes. Un livre "la relation client dans les entreprises de transport" et une métho

Présentation

Recherche

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés